Elle était encore, comme le matin, au bras de lord Bothwell.
Pâle, mais résolue, elle marchait d’un pas ferme et jeta un regard de calme dédain à ses juges et à ses accusateurs.
Elle marcha droit au fauteuil qui lui était réservé, et, avant de s’asseoir, elle dit aux juges qui demeuraient sur leurs siéges:
—Puisque vous ne m’avez point condamnée encore, puisque je suis encore votre reine, j’ai le droit de parler comme telle et de vous commander le respect. J’attends votre salut, milords.
Les juges se levèrent sans mot dire, s’inclinèrent froidement, puis se rassirent.
Alors la majesté royale s’effaça, la reine disparut devant l’accusée, et le comte d’Argyle s’adressant à elle directement, lui dit:
—Comment vous nommez-vous et qui êtes-vous?
—Je me nomme Marie Stuart, et je suis reine d’Écosse.
—Marie, reprit le président, vous êtes accusée du meurtre de votre époux, sir Henry Darnley, de complicité avec lord Bothwell, qui se trouve debout à votre droite.
—Qui m’accuse?