—Vous voulez faire votre fortune, n’est-ce pas?

—La plus grande possible. Par exemple, si Votre Honneur devient roi d’Écosse, il me semble qu’il pourrait... m’octroyer... un portefeuille...

—Un portefeuille? Oh! oh! maître Wilkind.

—Oh! celui des finances... celui-là seulement.

—Raillez-vous, messire Wilkind?

—Mon Dieu! murmura ingénûment Wilkind, lord Douglas, par exemple, s’il me refusait un portefeuille, me donnerait beaucoup d’or, j’en suis sûr, si je lui faisais quelques confidences...

Bothwell se mordit les lèvres.

—Silence! dit-il, tu seras ministre... Mais si c’était à recommencer, je ferais moi-même mes affaires... Ce secret n’est plus le mien.

—Il est le nôtre, monseigneur. D’ailleurs, vous avez fort bien fait de me confier le soin des poudres. On ne sait pas ce qui eût pu arriver... Une explosion trop prompte, un grain de fumée sur votre visage... il n’y a que les pauvres diables comme moi qui réussissent dans ces sortes d’affaires...

—Assez, dit sèchement Bothwell. Passons aux choses importantes. C’est cette nuit que j’enlève la reine.