—C’est pour cela que j’ai pris mes précautions. Tu sais qu’il y a une loi écossaise qui enjoint à tout gouverneur, commandant de forteresse, d’assister, de sa personne, aux exécutions capitales?
—Sans doute, milord.
—C’est précisément pour cela que j’ai donné ordre que le prétendu meurtrier du roi fût exécuté au point du jour; rien que pour cela, entre nous, car l’affaire n’était pas pressée...
—Mais, dit Wilkind, Votre Grâce ne pourra assister à l’exécution puisqu’elle part?
—Non, mais tu y assisteras, toi.
—Moi?
—Sans doute; tu vas te coucher dans mon lit, tu t’envelopperas dans les courtines et tu attendras qu’on t’éveille. Tu ordonneras alors, en déguisant ta voix le plus possible, qu’on te laisse, tu revêtiras mes habits, tu te couvriras de mon manteau de duc et pair d’Écosse, et mon chapeau rabattu sur tes yeux, tu assisteras de la fenêtre à la mort de cet imbécile.
—J’obéirai à Votre Honneur.
—Moi, dit Bothwell, je vais m’esquiver par un escalier secret et un boyau souterrain;—à deux lieues d’ici, je trouverai une escorte d’Écosse-Cavalerie.
—Si Votre Grâce est roi, je serai ministre?