Hector se plaça de lui-même entre les soldats chargés de conduire le condamné en prison, et il les suivit d’un pas ferme, la tête rejetée en arrière, un sourire calme et fier sur les lèvres.
Il passa devant la reine et s’inclina profondément; la reine y prit garde à peine, la reine ne le daigna point regarder, le frappant d’un double mépris; l’un à l’adresse de l’assassin,—l’autre à celle du soldat assez hardi pour avoir levé les yeux sur elle. L’accusation, le jugement, la condamnation avaient trouvé le jeune homme impassible, presque indifférent; il avait écouté la sentence sans qu’un muscle de son visage tressaillit, il avait refusé la vie que lui offrait Douglas sans qu’une fibre de son cœur vibrât...
Mais ce dédain de la reine l’accabla; il pâlit, chancela et fut contraint de s’appuyer au bras d’un des soldats pour ne point tomber.
On eut dit qu’un premier coup de hache avait entamé son col.
—L’insensé! murmura Douglas qui vit tout... Et il a le courage de ne point s’écrier: Je suis innocent! Je voulais sauver cette femme;—Eh bien! puisque cette femme m’accable, que la vérité se fasse!
Hector sortit lentement et sans jeter un coup d’œil en arrière.
Plus d’un regard de pitié le suivit, plus d’une femme soupira, et crut voir déjà ce fier gentilhomme si simple, si grand, s’agenouiller sur l’échafaud et tendre au bourreau sa belle et noble tête.
Le comte d’Argyle se tourna vers Douglas, et lui dit tout bas:
—A quelle prison voulez-vous qu’on le conduise?
—Dans le château même, répondit Douglas; dans la tour de l’Est.