—Sans doute, madame.
—Et mes sujets ne se trouvent point dégagés de leurs serments de vasselage et de fidélité?
—Je ne le pense pas.
—Alors, dit la reine avec une colère qu’elle s’efforçait en vain de contenir, milords et messieurs, vous tous qui êtes ici, oyez les ordres émanés de notre volonté royale, et apprêtez-vous à les exécuter et à les répandre par tout le royaume. Nous, la reine, ordonnons: Considérant que le comte de Bothwell a été injustement accusé de complicité dans le meurtre du roi notre époux; considérant encore qu’il est de notre devoir de réparer les torts et préjudices faits à nos loyaux et fidèles sujets, nous faisons le lord comte de Bothwell, duc d’Orkney, lui donnant en toute propriété les terres, biens et honneurs attachés à ce titre, et le nommons notre ministre-régent.
La reine avait prononcé ces derniers mots d’une voix vibrante, et elle s’arrêta un moment, continuant à écraser le tribunal tout entier du poids de son regard. Un murmure d’indignation accueillit ces marques de faveur accordées à Bothwell.
Mais la reine, s’enhardissant à ce bruit d’opposition qui se faisait autour d’elle, continua:
—En outre, nous chargeons lord Bothwell, duc d’Orkney, et notre premier ministre, d’enjoindre à lord Darnley, comte de Lenox, à lord Archibald, duc de Douglas, à sir Murray, laird de la Tullibardine, et autres seigneurs qui ont eu l’audace d’élever contre nous, la reine, une accusation mensongère, d’avoir à quitter notre cour dans les vingt-quatre heures, et se retirer chacun dans leurs terres, s’ils ne veulent encourir notre colère royale.
Lord Bothwell, donnez-moi votre bras.
Et la reine faisant un pas en arrière, se retira, dédaigneuse et superbe, l’œil en courroux, le mépris sur les lèvres.
Alors, une explosion de murmures éclata parmi la noblesse, et lord Douglas s’écria: