—Que voulez-vous? demanda la reine frissonnante.

—Madame, reprit-il d’une voix qu’étranglait l’émotion, votre front si pur rougit, votre main tremble dans la mienne, votre cœur bat à mon oreille...

—Eh bien? demanda la reine qui chancelait.

—Ce front qui rougit, madame, cette main qui tremble, ce cœur qui bat, me révèlent un secret.

—Que voulez-vous dire, milord?

—Je veux dire que vous m’aimez, madame. Tenez, je vais mourir... par pitié! laissez-moi emporter l’aveu de votre amour dans l’éternité... Dites-moi que vous m’aimez!...

—Je vous aime... murmura la reine d’une voix éteinte.

—Ah! s’écria le cavalier se redressant et changeant soudain de ton, vous avouez que vous m’aimez et vous me refusez votre main? Vous me la refusez, à moi, lord Bothwell, duc d’Orkney, quand vous l’avez accordée jadis, malgré vos pairs, malgré votre noblesse, malgré les Guises vos oncles et les princes de France, vos beaux-frères, à sir Henry Darnley?

—On ne brave point l’opinion deux fois, balbutia la reine.

—Eh bien! madame, je triompherai de l’opinion, je la braverai, moi, et nul ne pourra ni vous accuser ni vous blâmer.