—Marchons!
Don Paëz avait su prendre la tournure du prêtre et murmurait une prière, en fermant la marche.
Henry et le garde étaient placés, l’épée nue, aux côtés du condamné, le guichetier les précédait, une torche à la main.
Ils gravirent ainsi les cent marches humides et glissantes d’un étroit escalier, ils arrivèrent sur la plate-forme et passèrent au milieu d’une double haie de soldats des gardes, placés là pour intimider le condamné et lui enlever tout espoir de salut, toute chance d’évasion.
Hector était aimé parmi ses camarades des gardes. Tous le plaignaient, quelques-uns osaient murmurer tout bas qu’il était innocent;—le plus grand nombre prétendaient qu’il était atteint de folie, et qu’un accès de fièvre chaude avait seul pu le porter à l’exécution d’un pareil forfait.
Un morne silence accueillit son passage—un silence plein d’émotion, de tristesse, de sympathie. Quelques mains furtives se glissèrent même pour serrer la sienne.
Il remercia d’un regard et passa le front haut.
On le conduisit ainsi jusqu’à l’appartement occupé par lord Bothwell.
Cet appartement se composait de trois pièces—toutes trois ouvrant sur la plate-forme.
La première était une vaste salle où deux gardes veillaient nuit et jour; la seconde, la chambre à coucher du lord;—la troisième, une sorte de cabinet de travail où se tenait d’ordinaire un secrétaire toujours prêt à coucher sur le parchemin un ordre de son maître.