—Pardon, milord, lui dis-je; j’oubliais de remplir une mission. A une lieue de Dunbar, j’ai rencontré un cavalier italien qui venait de Naples en droite ligne, et portait des lettres de recommandation du roi des Deux-Siciles pour la reine d’Écosse. Il croyait la reine à Dunbar et désirait obtenir son incorporation dans les gardes.

—Très bien, où est-il?

—Dans vos antichambres, milord; il m’a prié de l’introduire auprès de vous.

—Appelez-le.

Gaëtano se présenta, et Bothwell signa sur-le-champ son admission aux gardes écossaises, sans éprouver la moindre défiance. Il lui proposa même de m’assister dans ma descente au cachot du condamné; je refusai, sous le spécieux prétexte que Gaëtano était las d’une longue route; mais, en réalité pour n’éveiller aucun soupçon dans l’esprit de Bothwell. Maintenant, acheva Henry, tu sais comment nous sommes ici.

—Oui, répondit Hector, et je commence à comprendre que si vous ne me sauvez pas, au moins vous m’aurez fourni l’occasion de poignarder Bothwell. Donne-moi ta dague, Henry.

Henry secoua la tête:

—C’est inutile, dit-il.

Il le prit par la main et le conduisit à la croisée. De la croisée on apercevait une cour; dans cette cour brillaient des torches. A la lueur de ces torches, une dizaine d’hommes commandés par l’homme rouge qu’Hector avait vu naguère entrer dans son cachot, étaient occupés à construire un échafaud.

—Vois-tu? dit Henry.