—Non. C’est le seigneur don Paëz et son domestique.

—Don Paëz! firent les nouveaux venus, celui qui protége les Maures? Il peut aller où bon lui semble, en ce cas.

—Par le ciel! exclama le colonel des gardes, ceci dégénère en mauvaise plaisanterie, et je ne croyais pas ma réputation aussi étendue.

Les deux Maures s’inclinèrent profondément sur son passage, et il continua sa route.

Le sentier montait toujours au flanc de la sierra, et don Paëz cherchait en vain. Rien ne lui présageait le voisinage d’une habitation, castel ou chaumière.

Enfin, aux rampes abruptes des chemins succéda un brin de plaine, puis une gorge étroite,—et les cavaliers se trouvèrent sur un point culminant, d’où ils purent apercevoir, autant que le leur permettaient les vagues ombres de la nuit, une petite vallée au fond de laquelle étincelait une construction féodale, illuminée de la base au faîte.

—Voilà le château, dit le Maure conducteur.

—Ah! enfin, fit don Paëz avec un soupir de soulagement.

En ce moment la lune se leva derrière les montagnes voisines, et ses premiers rayons, tombant sur la vallée, firent resplendir comme un miroir les eaux d’un petit lac, au bord duquel surgissait le château.

A la clarté tremblante de l’astre nocturne, le colonel des gardes examina cette demeure où il allait passer la nuit, et le paysage qui l’environnait.