—Vous êtes cependant attaché au roi?
—Oui, comme à un bienfaiteur.
—Non, à moins que...
—A moins?... fit don Fernand.
—A moins, reprit don Paëz froidement, que le roi ne me heurtât injustement de front et ne me voulût briser sans motif.
—Ah! fit don Fernand rêveur.
—Et encore, ajouta don Paëz, une trahison est une lâcheté infâme, et je suis trop fier pour m’abaisser jusque-là. Le roi m’a recueilli généreusement, je l’ai servi avec bravoure et loyauté, nous sommes quittes. Si le roi me voulait briser, je dirais au roi: Je ne suis point votre sujet, je ne suis pas né en Espagne, je ne vous appartiens qu’en vertu d’un pacte particulier, vous déchirez le pacte, je suis libre; vous voulez me punir, moi, je vous déclare la guerre; vous êtes un des monarques les plus puissants du monde; moi, je suis un simple gentilhomme de race souveraine, aussi noble que la vôtre, et noblesse vaut royauté, les nobles sont les pairs du roi.
Don Fernand écoutait gravement don Paëz. Quand il eut fini, il répondit:
—Supposons que l’infante vous aime au lieu de m’aimer...