—Très certaine, sire.
—Eh bien! fit le roi, qui redevint joyeux et presque souriant, comme l’insomnie fait du mal, comme vous avez les yeux battus et qu’il est nécessaire qu’une infante d’Espagne soit belle toujours, je vais rendre mon amitié à don Paëz, tout exprès pour vous plaire.
Un charmant sourire glissa sur les lèvres mutines de l’infante:
—Sire, dit-elle, puisque vous rendez votre amitié à don Paëz, vous devriez bien la retirer un peu à un très vilain seigneur qui possède beaucoup trop votre confiance.
—Ah! ah! murmura le roi moitié souriant, moitié sévère, est-ce que nous nous mêlerions de politique, mon étoile?
—Dieu m’en garde, sire!
—Et... quel est ce très vilain seigneur?
—Un homme bien laid, sire, le chancelier Déza.
—Bon! fit Sa Majesté, qui redevint soucieuse, ils me disent tous la même chose. Le duc d’Albe et le marquis de Mondéjar, le grand inquisiteur et don Paëz.
—Et ils ont bien raison, sire.