—Tais-toi! tais-toi, don Fernand! s’écria don Paëz.

Et don Paëz avait raison de lui imposer silence, car une lutte terrible s’était engagée dans son cœur et dans sa tête, entre son égoïsme et ses instincts chevaleresques. Un trône ne valait-il point un ami?

Mais don Fernand reprit avec animation:

—Tu fuiras, don Paëz, car je n’ai pas d’héritiers de ma race, et ma sœur qui t’aime n’épousera jamais un autre que toi. Tu fuiras, don Paëz, car si tu me résistes encore, eh bien! j’en appellerai au hasard pour décider, et le hasard sera pour moi.

—Que veux-tu dire?

—Je veux dire qu’une fois déjà, ami, ton sort fut dans mes mains, grâce à une partie de dés.

—Eh bien? fit don Paëz tressaillant.

—Eh! bien! tu ne me refuseras point de me jouer une fois encore ta vie contre un sceptre de roi.

Don Paëz hésitait toujours.

—Allons, frère, s’écria don Fernand, regarde: l’ennemi s’approche, le temps s’écoule; décide-toi...