Pour le savoir, il nous faut rétrograder de quelques heures, et nous reporter à ce moment de la nuit précédente où Wilton et le cabman avaient consenti à aller noyer la pauvre Irlandaise au pont de Londres.
Mistress Fanoche était demeurée sur sa porte quelques minutes, jusqu'à ce que le hanson qui emportait l'Irlandaise évanouie se fût effacé dans le brouillard.
Alors elle était rentrée et avait refermé sa porte avec soin.
Puis, comme le voleur qui se plaît à contempler l'objet volé, elle était retournée dans la chambre où le petit Ralph dormait toujours.
L'enfant avait, comme sa mère, absorbé dans sa tasse de thé quelques gouttes de laudanum et cela expliquait pourquoi il ne s'était point éveillé lorsque Wilton était entré pour emporter l'Irlandaise sur ses épaules.
L'enfant dormait toujours.
Mistress Fanoche se prit à le regarder et murmura:
—C'est tout à fait cela; il me semble même, tant le hasard est bizarre, qu'il a quelque ressemblance avec le major Waterley.
Voilà des parents que je vais rendre bien heureux.
—Oh! bien heureux en effet, ricana une voix au seuil de la chambre.