Comme mistress Fanoche parlait ainsi, le Penny-Boat toucha la station de Charing-Cross, les voyageurs passèrent sur le ponton, puis s'engouffrèrent dans ce chemin en planches, tout bariolé d'affiches multicolores, qui longe les bâtiments du chemin de fer, et, tout à coup, la pauvre Irlandaise et son enfant se trouvèrent perdus au milieu de la foule immense et des splendeurs commerçantes du Strand, dont les mille réverbères commençaient à s'allumer dans le brouillard qui montait lentement des bords de la Tamise.


III

La mère et l'enfant furent un moment étourdis.

Sur les larges trottoirs les passants se croisaient, se heurtaient, marchaient à la file et se croisaient encore.

On eût dit une fourmilière immense.

Sur la chaussée, les cabs et les hansons passaient rapides comme l'éclair, se rencontrant avec les omnibus.

C'était un tohu-bohu, un vacarme indescriptible.

Un sentiment de terreur s'empara de la pauvre Irlandaise. Elle se trouva seule et perdue au milieu de tout ce monde et elle se repentit de n'avoir pas accepté les offres obligeantes du marchand de poisson et de mistress Fanoche.

L'enfant se serrait toujours contre elle et paraissait, lui aussi, dominé par un même sentiment d'épouvante.