Et se tournant vers le guichetier:

—Goldsmicht, dit-il, vous allez écrire sur-le-champ à M. Thomas Elgin.

—Oui, Votre Honneur.

—Vous lui direz que l'administration trouve ses consignations insuffisantes.

—Oh! très-insuffisantes, dit le guichetier.

—Que l'avis de l'administration est qu'on ne loge pas un prêtre, même un prêtre catholique, comme on logerait un marchand de poisson de Thames-street, et que si d'ici à demain il n'a pas pourvu à ce que M. l'abbé soit convenablement logé et nourri, l'administration prendra sur elle de relâcher son prisonnier.

L'abbé Samuel leva ses grands yeux bleus sur sir Cooman, et lui dit en souriant:

—Vous êtes mille fois trop bon, monsieur, de vous chagriner ainsi à mon sujet. Je vous en prie, ne vous inquiétez pas de moi. Je me trouve fort bien ici. Je suis d'ailleurs habitué à vivre de peu, et quant à ce logis...

—C'est un bouge infect! s'écria sir Cooman.

—Qu'importe? dit l'abbé Samuel. D'ailleurs, il y a bien des gens, à Londres, qui n'ont même pas un abri semblable, ne fût-ce que les malheureux qui vont coucher la nuit sous les voûtes d'Adelphi.