Et elle se voyait déjà dans son cottage de Brighton, avec une bonne grosse servante, une maison bien montée, des armoires pleines de linge et un parloir auprès duquel celui de mistress Fanoche pâlissait.

Elle avait fait coucher les petites filles, s'inquiétant peu, du reste, de ce qui arriverait lorsqu'elle serait partie et de ce qu'elles deviendraient.

Puis elle avait assemblé à la hâte quelques bardes dans un petit sac de voyage, mis son chapeau, endossé son châle écossais et fourré ses doigts crochus dans de bons gants de tricot.

—Ah! mylord, dit-elle en voyant entrer lord Palmure, je craignais que vous ne vinssiez pas... et en même temps je l'espérais...

—Pourquoi?

—C'est que j'ai peur...

—Et pourquoi auriez-vous peur?

—Ah! c'est que vous ne connaissez pas les gens que je vais trahir... Ils sont capables de tout.

—Ma chère dame, dit froidement lord Palmure en entrant dans le parloir où il y avait une lampe et tirant de sa poche un portefeuille, voici un contrat de rente.

La vieille dame eut un battement de cœur.