Quand ils sortent du Saylors'-house, ils entrent au Cheval-Noir.
Quand ils ont bu, ils se querellent, et les querelles se vident dans la rue, à coups de couteau.
La danseuse en guenilles a souvent du sang sur sa robe. C'est le vainqueur qui lui a pris amoureusement la taille.
Un escalier de dix marches conduit au sous-sol.
Là est la vraie taverne.
Depuis minuit jusqu'au jour, cinquante personnes, hommes et femmes, si on peut donner ce nom à une population fangeuse, bestiale, avinée et couverte d'affreux oripeaux, cinquante personnes boivent, mangent, se querellent, rient et chantent.
On entend claquer d'ignobles baisers sur des joues sales, on voit, à la lueur de quelques chandelles fumeuses éparses sur les tables, mousser la bière brune ou blonde dans des pots d'étain.
Derrière un comptoir garni de victuailles, trône majestueusement mistress Brandy.
C'est la femme du land-lord, c'est-à-dire du maître de l'établissement.
Celui-ci est là-haut, au public-house, affublé d'un reste d'habit noir et d'une cravate qui fut blanche, il y a déjà bien des années.