Était-ce un Écossais, un Anglais, un Irlandais ou un Français?
Nul ne le savait.
Ce n'était pourtant pas la première fois qu'il venait au Cheval-Noir. Mais il ne parlait à personne, buvait, payait et s'en allait.
Quelquefois même il tombait en une rêverie profonde. Une fois, on avait voulu le tâter, c'est-à-dire savoir ce qu'il était, d'où il venait... s'il était voleur ou matelot, condamné en rupture de ban ou bien étranger à toutes les professions interlopes du Wapping.
Pour cela, on lui avait cherché querelle.
Il n'avait perdu ni son flegme, ni son attitude indifférente et calme; mais en trois coups de poing il avait mis hors de combat trois adversaires.
Depuis lors, on l'avait respecté.
Du reste, il parlait un anglais très-pur et sans le moindre accent.
Comme on ne savait pas son nom, on l'avait surnommé l'homme gris, à cause de son vieil habit gris, l'unique vêtement qu'on lui eût jamais vu.
Un seul habitué du Cheval-Noir avait trouvé grâce devant cette indifférence parfaite.