Il parla du peuple de Dieu réduit en esclavage et qu'un enfant exposé sur les eaux dans un berceau d'osier avait rendu à la liberté.

Il raconta ce long voyage d'Israël à travers le désert, disant que ceux-là seuls qui avaient toujours eu confiance eu Dieu et dont la foi n'avait point été ébranlée avaient vu enfin la terre promise.

Et les fidèles écoutaient cette parole inspirée, et ceux qui songeaient à l'Irlande comprenaient que l'histoire du passé était comme une révélation de l'avenir et que le Moïse de ce nouveau peuple de Dieu venait de naître.

Au pied de la chaire, courbée et sanglotante, il y avait une femme jeune et belle, vêtue de noir, qui écoutait la grave parole du prêtre et attirait tous les regards par sa douloureuse attitude.

C'était, on le devine, la pauvre Irlandaise, la mère de ce malheureux enfant dont nous racontions naguère les poignantes aventures.

Auprès d'elle, il y avait un autre homme que l'on voyait à Saint-Gilles pour la première fois.

Il était vêtu comme tous les autres; rien, en lui, ne trahissait une condition différente, et cependant tous les regards qui rencontraient le sien se baissèrent, et ceux qui le virent devinèrent en lui, sur-le-champ, un des chefs mystérieux à qui l'Irlande obéissait.

Quand le sermon fut fini, lorsque le prêtre fut remonté à l'autel, cet homme traversa la foule, qui s'ouvrit respectueusement devant lui.

Il conduisait l'Irlandaise par la main et il la mena au seuil du sanctuaire, où elle s'agenouilla de nouveau et continua à pleurer.

Quelle était cette femme?