Il a le pouvoir de mettre en liberté le prisonnier amené à sa barre et qui se fait souvent assister par un solicitor ou un avocat.
La cour de police de Kilburn avait, nous l'avons dit, pour chef un homme assez brutal, assez mal élevé, M. Booth, mais c'était un homme habile, en même temps.
Depuis dix ans, qu'il était magistrat de police, il avait purgé son district de bien des voleurs et rendu de si éminents services que le métropolitan chief of police l'avait fait complimenter maintes fois.
Bien que ne relevant pas les unes des autres, mais directement de Scotland-Yard, les cours de police des différents quartiers de Londres ont coutume de correspondre entre elles et de se transmettre des renseignements qui sont parfois assez précieux.
M. Booth était un religieux observateur du dimanche, c'est-à-dire qu'il demeurait chez lui ce jour-là, occupé à lire la Bible, et qu'on ne le voyait pas se promener comme un tas d'Anglais sans religion qui attendent avec impatience la clôture des offices et la réouverture des tavernes et des public-houses.
Mais la police est le dragon des sociétés modernes et il ne doit jamais dormir que d'un oeil.
Aussi M. Booth, imbu de ce principe, s'était-il enfermé ce jour-là dans un cabinet secret et compulsait-il avec un soin infini les différentes notes qui lui avaient été transmises.
M. Booth était veuf, et on disait même qu'il n'avait guère pleuré sa femme; en revanche, il avait une fille qu'il adorait.
Cet homme brutal, incivil, qui avait presque toujours la menace à la bouche, adoucissait sa voix et son regard quand la jolie Katt entrait dans son bureau.
Katt avait seize ans; elle était jolie comme une figure de keepsake; elle riait à rendre jaloux les anges du paradis, et quand les voleurs qu'on emmenait à la cour de police la rencontraient, d'aventure, dans les corridors, ils se prenaient à espérer la liberté.