Les magasins se sont rouverts et les bibles se sont fermées.
Ce long et triste jour que, par habitude plus que par croyance, par ostentation plutôt que par esprit religieux, l'Anglais passe enfermé chez lui, est passé.
L'Anglais, commerçant avant tout, salue donc le lundi matin, le retour des affaires, et il se dédommage le verre en main de l'abstinence de la veille.
Les public-houses ne désemplissent pas dès huit heures.
Le dimanche est un jour qui altère.
La vapeur siffle joyeusement sur tous les railways, les cabs et les hansons roulent à grand bruit dans les quartiers les plus paisibles, et le peuple, qui est avide de procès, d'émotions de jugements de toutes sortes, envahit, dès dix heures du matin, les tribunaux et les cours de police.
La justice, ayant chômé un jour, doit avoir une double besogne le lundi.
Or donc, ce lundi-là, dans le paisible quartier de Kilburn, bien avant dix heures, les abords de la cour de police où trônait M. Booth avaient été envahis.
La tentative de vol et de meurtre dont Kilburn-square avait été le théâtre dans la nuit du samedi au dimanche, avait mis en rumeur tous les environs.
On s'était raconté l'histoire du petit Irlandais, et l'opinion publique était divisée en deux courants contraires.