—Je préfère même beaucoup ce dernier métier, parce qu'on est en plein air, et puis, qu'on gagne de meilleures journées.

—Ça, c'est vrai.

—Alors, si je me suis décidé à venir vous voir, c'est que j'ai pensé que vous pourriez me faire admettre parmi les ouvriers qui travaillent à la nouvelle prison.

—Cela est facile, dit master Pin, mais il faut que je te dise tout de suite les avantages et les inconvénients de la besogne.

Les avantages, c'est qu'on est bien payé; l'inconvénient, c'est que, lorsqu'on travaille dans certaine partie de la prison, on y reste.

—Comment cela?

—Je vais te le dire. Non-seulement on construit une nouvelle prison, mais on fait des réparations dans l'ancienne. Les règlements s'opposent à ce que les prisonniers aient la moindre relation avec les gens du dehors; mais si des maçons travaillent dans les cours ou dans les salles, on aurait beau multiplier le nombre des travailleurs, on n'empêcherait pas un prisonnier de parler à un ouvrier et de lui donner peut-être une lettre pour quelqu'un qui s'intéresse à lui.

On n'avait jamais pensé à tout cela, continua master Pin, jusqu'à l'année dernière.

Mais il est arrivé qu'un prisonnier s'est évadé et qu'on a soupçonné les ouvriers d'avoir favorisé son évasion.

—Eh bien! dit John Colden d'un air naïf, comment fait-on maintenant?