—Oui, monsieur.

L'inscription tumulaire ne portait aucune date. Cependant la pierre n'était pas encore couverte de cette mousse grisâtre dont le temps tisse la livrée des tombeaux.

—Depuis quand cette tombe est-elle creusée? demanda l'homme gris.

—Comment voulez-vous que je le sache, monsieur? répondit le sacristain. On enterre ici tous les dimanches plusieurs personnes à la fois. Bien que ce champ de repos ne renferme que des catholiques, tous ne sont pas de notre paroisse.

Il y a des paroisses dans Londres qui n'ont pas d'église de notre culte, il y en a même beaucoup. Il advient donc que le dimanche, de très-grand matin, il nous arrive jusqu'à dix et quinze cercueils de différents points de la ville, accompagnés d'un prêtre, sous les yeux duquel on leur donne la sépulture.

Et puis, voyez-vous, je suis vieux et je n'ai pas beaucoup de mémoire.

Ensuite, l'administration du cimetière, bien qu'il touche à l'église, ne me regarde pas. Cela fait que je ne m'en occupe guère autrement que pour ouvrir la grille, chaque matin, quand j'ai sonné l'Angelus.

Cependant, la ténacité, la régularité de cette femme m'a frappé, et j'en ai parlé à l'abbé Samuel, lorsqu'il est venu hier.

—C'est bien, mon ami, dit l'homme gris, je sais ce que je voulais savoir.

Et il fit un pas de retraite.