Il mourait de faim en effet.

—C'est loin d'ici l'église Saint-Gilles, poursuivit Suzannah et il te faudra beaucoup marcher encore. Par conséquent il faut que tu aies de la force. Allons, mange, mange, mon mignon, nous allons déjeûner.

—Je vais aller chercher du jambon et de la bière, dit Bulton, qui se leva à son tour et sortit.

Son départ fit sur Ralph un effet tout semblable à celui qui se produirait pour une personne oppressée, si une fenêtre venait à s'ouvrir et laissait pénétrer une bouffée de grand air.

Il lui sembla qu'il était plus en sûreté, et que Suzannah lui parlait avec plus de douceur.

Alors celle-ci se mit, pour tromper son impatience, à lui faire mille questions sur sa mère, sur l'endroit où il l'avait laissée et sur ce qui lui était arrivé.

Ralph se souvenait exactement des différentes circonstances de son arrivée à Londres, de son entrée chez mistress Fanoche.

Il parla des petites filles qui lui avaient prédit qu'il serait battu; et comme il en était au milieu de son récit, Bulton revint avec des provisions et un pot de bière.

L'enfant voulut s'arrêter encore, mais Suzannah lui dit:

—Puisque monsieur est mon mari, pourquoi ne parles-tu pas devant lui?