L'abbé Samuel dit à son tour:

—Peut-être n'avez-vous pas d'argent, mon pauvre Jefferies? Mais il ne faut pas vous inquiéter de cela. Monsieur est non-seulement un médecin savant, c'est encore un homme riche et bienfaisant, qui ne reculera devant aucun sacrifice pour sauver votre enfant.

Jefferies baisait les mains du prêtre, comme il avait baisé celles de l'homme gris.

Celui-ci ajouta:

—Je vais vous envoyer tout à l'heure une potion que ferez prendre à votre fille. Cette potion calmera la fièvre, lui procurera un sommeil tranquille, et lui permettra, demain, d'avoir assez de force pour se lever.

Jefferies écoutait avec une sorte d'extase.

Cet ascendant moral, que l'homme gris prenait presque aussitôt sur ceux auxquels il adressait la parole, agissait déjà sur le grossier valet de Calcraff.

—L'homme qui vous apportera cette potion, continua-t-il, est un homme à mon service et qui m'est tout dévoué. Il reviendra demain avec une voiture et il vous emmènera, vous et votre fille, dans une maison où je crois que pourrai la guérir.

En même temps il mit un petit rouleau d'or sur le poêle, fit un signe d'adieu à la poitrinaire qui se demandait si les anges du bon Dieu n'avaient pas pris forme humaine pour la venir visiter, et il sortit en pressant la main du pauvre Jefferies, qui continuait à pleurer, mais de joie, maintenant qu'on lui promettait que sa fille vivrait.

L'abbé Samuel le suivit.