—Monsieur, dit alors lord Vilmot, ce jeune enfant que vous voyez là fait ma joie, et je lui dois les meilleurs jours de ma vieillesse prématurée et souffrante.
Il me vient voir chaque jour, et sa vue me rappelle un fils que j'ai perdu et qui était tout ce que j'aimais en ce monde. Est-ce une illusion? peut-être? Mais cet enfant me paraît la vivante image de mon fils mort.
—Avait-il cet âge-là quand vous l'avez perdu?
—Oui, monsieur, dit lord Vilmot, de plus en plus ému.
Sir John ne savait encore où le malade en voulait venir.
—Monsieur, poursuivit lord Vilmot, je suis attaqué d'une maladie qui, au dire du docteur, ne pardonne pas. Je puis mourir demain, et je veux assurer l'avenir de votre fils.
—Milord... balbutia le major.
Lord Vilmot fit un signe au docteur, qui prit un portefeuille sur un meuble et le lui tendit.
Lord Vilmot continua:
—Je n'ai pas de proches parents, et je veux faire de votre fils mon héritier. J'ai rédigé mon testament en ce sens, et vous n'aurez que votre signature à apposer au bas de cet acte qui porte déjà la mienne, pour que l'adoption soit en règle. Cependant je mets à cette adoption une condition...