Un serrurier a ouvert la porte.

Alors on est monté dans la chambre où M. Smith, c'est le nom de cet employé, couche ordinairement.

On l'a trouvé sur son lit, en proie à un profond sommeil, dont il a été impossible de le tirer tout d'abord.

Un médecin, appelé sur-le-champ, a constaté qu'il était sous l'influence d'un narcotique puissant, et ce n'est qu'en lui faisant respirer de l'éther à forte dose qu'il est parvenu à le rappeler à la vie.

Pressé de questions, l'employé a répondu alors qu'il avait, sur l'ordre de M. Harris, introduit la veille, dans sa chambre, un Français curieux de voir de près une exécution capitale, que ce Français lui avait offert un cigare et que lui, M. Smith, s'était endormi après avoir aspiré trois gorgées de fumée.

La police a été avertie.

Elle a commencé par découvrir un carreau de la fenêtre coupé avec un diamant; puis elle a retrouvé dans un coin de la chambre un fusil à vent, celui qui a servi sans doute à chasser la balle qui est allée s'enfoncer dans le mur de Newgate, après avoir opéré la section de la corde.

A propos de fusil à vent, il faut que la police de Londres nous permette de lui donner un conseil.

En France, le fusil à vent est une arme prohibée, et en France on a raison.

En Angleterre, cette arme qui ne fait aucun bruit et qui peut, par conséquent, servir à commettre des crimes, est vendue publiquement chez tous les arquebusiers.