Il s'était rangé un peu de côté et ne voyait plus le cadavre. Mais sir Robert M... continua:
—Il y a à Londres et dans les principales villes de la libre Angleterre, une institution fort respectable: le club des Dames des prisons.
Les dames des prisons, continua sir Robert, se recrutent parmi les femmes de la haute société pour la plupart; elles vont visiter les prisonniers, elles prennent soin de leur famille, elles veillent les morts.
Chaque fois que nous avons une exécution, les Dames des prisons se présentent la veille. Elles sont deux, trois quelquefois. Elles ont le droit de visiter le condamné, de demeurer seules avec lui et de se charger des recommandations qu'il peut avoir il faire à sa famille.
—Ah! dit M. Harris, on les laisse pénétrer dans le cachot?
—Avec d'autant plus de facilité que le condamné est hors d'état de faire usage de ses mains et qu'elles n'ont absolument rien à craindre.
Puis le volubile sous-gouverneur poursuivit:
—Elles sont couvertes d'un voile épais, et on ne pourrait les reconnaître.
Quand l'exécution a eu lieu, si les chirurgiens ont renoncé à l'autopsie du corps, elles viennent prier auprès du cadavre, qui n'est enterré que le soir, après le coucher du soleil.
Le Français s'était, pendant ce temps, approché du cadavre.