Nichols, on s'en souvient, lui avait donné rendez-vous dans le cimetière.
C'était là que, depuis deux nuits, il avait établi son quartier général.
Nichols était un véritable enfant des quartiers populeux de Londres, un rough d'aussi pure race que John, l'ennemi de Shoking.
Nichols avait fait un peu tous les métiers, y compris celui de voleur, attendu qu'il avait tourné le moulin pendant deux ans.
Il savait tout, avait tout vu, et certes il était bien homme à gagner la prime offerte par la police.
Partout ailleurs qu'en Angleterre, Nichols se serait bien gardé de prendre des associés, son flair et son instinct lui auraient suffi.
Mais partout ailleurs aussi, il lui aurait suffi de découvrir la retraite du condamné et d'aller ensuite avertir la police, qui aurait fait son affaire de l'arrestation.
En Angleterre les choses ne se passent point ainsi.
Le domicile est inviolable, et la police ne pénètre dans les maisons qu'avec un ordre formel du parlement, ce qui n'arrive pas deux fois en un siècle.
Ce qu'il fallait donc, c'était d'abord que Nichols découvrit l'endroit où était caché le condamné; qu'ensuite, il pénétrât dans cet endroit; qu'avec de hardis compagnons, il s'en emparât de gré ou de force et qu'il le portât dans la rue.