—Je le sais, dit l'abbé Samuel. Mais ne vous a-t-on pas mis en prison?
—Oui d'abord, mais on m'a relâché, faute de preuves.
—Alors on vous a chassé d'ici. Comment y êtes-vous revenu?
—C'est le révérend Peters Town qui est venu me chercher et m'a dit que mon emploi me serait rendu si je consentais à jouer le rôle d'un homme qui va mourir et si je vous appelais à mon chevet.
Pourquoi? je ne sais pas. Que veulent-ils? je l'ignore...
—Mais défiez-vous... On m'a fait avaler je ne sais quelle médecine qui m'a donné la fièvre et m'a mis en cet état; mais j'ai conservé toute ma raison, et c'est pour cela que je vous préviens. Je ne veux plus trahir mes frères... défiez-vous.
Et pendant que cet homme parlait, le révérend attendait derrière la porte, et il crut que le prêtre catholique recevait la confession du sacristain.
Au bout d'une demi-heure, l'abbé Samuel rouvrit la porte. Le révérend feignit d'accourir.
L'abbé Samuel était pâle, mais la sérénité régnait sur son visage, et quelque piége qu'on lui eût tendu, il paraissait résolu à braver ses ennemis. Le révérend Peters Town le prit par la main et le conduisit sur cette étroite terrasse qui fait le tour du dôme, lui disant:
—Venez, monsieur, il faut que je vous parle!... Le jeune prêtre le suivit.