—En effet, dit miss Ellen en souriant, il a été la cause première de la mise en liberté du prêtre irlandais.
—Et ce nègre qui s'en mêle! dit encore le révérend, les lèvres frémissantes de fureur. Un sourire fut la réponse de miss Ellen.—Mais ce médecin allemand, s'écria le révérend avec une fureur croissante, vous le connaissez donc? Il vous a donc été présenté, que vous êtes sortie avec lui?
—Mais certainement, je le connais, dit la jeune fille, toujours railleuse. Je connais aussi le nègre. C'est le complice du docteur allemand.
—Les misérables s'entendaient! exclama le révérend, qui avait l'écume à la bouche, pour sauver l'abbé Samuel, qui est leur ami.
—Mon révérend, dit miss Ellen en souriant, j'ai des choses fort curieuses à vous apprendre; mais pour cela, il faut que vous soyez plus calme, d'abord. Ensuite, il faut que nous soyions ailleurs que dans la rue. Nous allons monter dans un cab, et je vous reconduirai chez vous, à Elgin Crescent.
—Parfait, dit Peters Town, qui commençait à rougir de son emportement. Miss Ellen prit son bras et l'entraîna hors du passage. Au bout d'Adam's street, il y avait une place de voitures; le révérend héla un hanson et le cabman s'empressa d'avancer. Quelques secondes, après, miss Ellen et Peters Town roulaient vers Elgin Crescent.
—Maintenant, dit miss Ellen, je commence par vous dire que le médecin allemand, le nègre et l'abbé Samuel sont autant de fenians.
—Le prêtre, oui... mais... les deux autres?...
—Je ne l'affirmerais pas d'une façon absolue pour le nègre. Cependant, je puis répondre d'une chose. C'est que, pendant tout le temps qu'a duré l'interrogatoire de l'assassin, le docteur allemand et le nègre ont échangé de mystérieux regards d'intelligence. Par conséquent, ils étaient complices.
—Mais qu'est-ce que cet Allemand?