—Oh! certes, répondit le major, dont le visage contracté exprimait la passion féroce.
—Mon cher major, dit Charles Mitchell en riant, vous jouez en dépit du bon sens. En effet, le major, qui avait le baronnet pour partenaire contre le gentleman, entassait faute sur faute.—Je ne suis pas très-fort, dit-il, excusez-moi...
—Et, reprit le baronnet, vous avez l'esprit troublé par la description que vient de vous faire mon ami Robert.
—Oh! répondit le major, tout ce qu'il a dit est exact. Et il jeta les yeux sur la pendule de la cheminée du salon de jeu, qui marquait deux heures et demie.
—Vous avez encore une heure et demie à attendre, dit le baronnet en riant. Aussi, j'en veux profiter. Je veux vous présenter à la Sirène.
—Qu'est-ce que cela? demanda le major Waterley avec indifférence.
—Une femme bien autrement séduisante que toutes les houris imaginaires que vous entrevoyez à travers les vapeurs de l'opium. Le gentleman sir Robert et le major échangèrent un regard de pitié. Mais Charles Mitchell reprit:—Vous ne me refuserez pas, mon ami, de venir saluer la Sirène. Je le lui ai promis. Et elle meurt d'envie de causer avec vous, depuis qu'elle sait que vous revenez des Indes.
—Eh bien! après la partie. Mais ajouta le major, vous le savez, j'adore ma femme. Et nulle créature humaine ne saurait me la faire oublier.
Un sourire glissa sur les lèvres du baronnet.
—Bah! dit-il, nous verrons bien. Et ils achevèrent la partie.