Des tonneaux de plusieurs dimensions étaient rangés tout à l'entour, et l'un de ces tonneaux était haut de près de deux mètres.
Le landlord s'en approcha, tourna le robinet placé au centre et tout aussitôt le fond s'ouvrit, tournant, comme une porte, sur des gonds invisibles.
Alors Shoking vit un passage dans lequel, en se baissant un peu, deux hommes pouvaient marcher de front.
C'était le chemin de la cachette où était John Colden, le condamné à mort.
Une fois entrés dans le tonneau, le landlord, qui avait toujours la petite lampe à la main, pressa un ressort, et le fond mobile reprit sa place accoutumée, de telle façon que si alors on était descendu dans la cave, on n'aurait pas remarqué cette futaille plus que les autres.
John Colden était, couché dans une sorte de salle basse à l'extrémité de ce corridor auquel le tonneau servait d'entrée.
Cette salle prenait de l'air par un trou percé dans une voûte au-dessus de laquelle passait un des nombreux égouts dont la ville de Londres est sillonnée; et elle n'était pas éclairée par la lumière du jour.
Auprès d'un lit de camp était une lampe qui brûlait sur une petite table.
Assis devant cette table, Shoking aperçut un homme de haute taille, au front basané, qui n'était autre que celui des quatre chefs fenians qui venait d'Amérique.
John n'avait plus ni la fièvre ni le délire, sa raison lui était revenue, et il reconnut Shoking.