—J'ai envie de nommer Andreossi.
—André aussi? Quel est donc cet André?
—Je ne parle d'un André, je parle d'Andreossi. Est-ce que vous ne le connaissez pas? Andreossi, général d'artillerie.
—Andreossi; ah! oui, c'est vrai, Andreossi; je n'y pensais pas; je cherchais dans la diplomatie et je ne trouvais pas ce nom-là; en effet, il est dans l'artillerie.
Andreossi eut l'ambassade d'Angleterre après le Traité d'Amiens et revint au bout de quelques mois. Il n'y avait pas grand'chose à faire; cela lui convenait, et il n'y fit rien.
Mes Crimes.
1804.—LE DUC D'ENGHIEN.
En politique, les explications sont inutiles et les justifications ne valent rien. Tout mauvais cas est niable. Au sujet de la mort du duc d'Enghien, je ne parlerai que du fait lui-même, dont on me charge en nombreuse compagnie, et je dois reconnaître que j'ai été le conseiller et le complice de Bonaparte.
Après l'attentat de la Machine infernale, il voulait une Loi des otages contre les Jacobins et les Émigrés. Comment la faire adopter? La réponse était simple: «À quoi sert le Sénat, s'il ne fait rien?» Il a servi.
Les royalistes prennent le désir pour la volonté et l'espérance pour la réalisation; ils croient à l'existence de ce qu'ils souhaitent et parlent toujours, non de ce qui est, mais de ce qu'ils voudraient qui fût; ils sont confiants et imprudents dans leurs entreprises.