No 5 ter.—le roi louis xviii au prince de talleyrand.
Paris, le 4 novembre 1814.
Mon cousin,
J'ai reçu votre numéro 8. Je l'ai lu avec grand intérêt, mais avec grande indignation. Le ton et les principes qu'avec tant de raison on a reproché à Buonaparte[326] n'étaient pas autres que ceux de l'empereur de Russie. J'aime à me flatter que l'opinion de l'armée et celle de la famille impériale ramèneront le prince de Metternich à des vues plus saines; que lord Castlereagh entrera plus qu'il ne l'a fait jusqu'ici dans celles du prince régent, et qu'alors vous pourrez employer avec avantage les armes que je vous ai données. Mais quoi qu'il en puisse être, continuez à mériter les justes éloges que je me plais à vous répéter aujourd'hui, en restant ferme dans la ligne que vous suivez, et soyez bien sur que mon nom[327] ne se trouvera jamais au bas d'un acte qui consacrerait la plus révoltante immoralité.
Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait, mon cousin, en sa sainte et digne garde.
louis.
No 11 bis.—les ambassadeurs du roi au congrès, au ministre des affaires étrangères a paris.
Vienne, le 6 novembre 1814.
Monsieur le comte,