Dans une situation aussi importante qu'est celle où se trouve placé le sort de ce souverain, au milieu des débats les plus difficiles sur une pareille question, comment n'a-t-on pas fait connaître à ceux qui dirigent les journaux le sens et l'esprit dans lesquels le gouvernement croit qu'il faut diriger l'opinion, pour la gloire autant que pour le véritable intérêt du roi et de la France?
Il importe de connaître l'origine et l'auteur de cet article inséré dans le numéro 315 (11 novembre) de la Gazette de France. Il importe également que le Moniteur publie un article raisonné qui, sans être officiel, discute la même question sous le rapport du droit et de l'utilité. Le mémoire joint à la dépêche du 23 fournira à M. de Reinhard[395] les matériaux pour sa rédaction.
Nous l'avons fait circuler sous main et nous avons observé qu'il avait produit quelque impression. Il s'agit de le changer de manière à ce que l'insertion dans le Moniteur ne paraisse pas être ce mémoire; mais on peut faire usage des principes et du raisonnement qu'il renferme.
Nous vous transmettons en même temps un article de la Gazette universelle, qui paraît être sorti des bureaux autrichiens et répondre à la fameuse circulaire du prince Repnin.
Il est bon de l'insérer dans le Moniteur, en y ajoutant qu'on se plaît à le communiquer au public, comme digne de son attention et renfermant les meilleurs principes. On pense que le petit coup de patte donné à la France pourra être omis.
Nos journaux ont pour l'étranger une influence bien autrement forte que celle que produisent les journaux des autres pays, parce qu'on sait que les nôtres restent sous la surveillance et la mesure du gouvernement.
Nous vous prions, monsieur le comte, de nous faire connaître le résultat des informations que nous vous demandons.
L'importance de la question de la Saxe ne peut vous échapper. Les principes que nous devons y soutenir sont les mêmes dont nous devons nous servir pour mettre une digue à la marche de la Révolution, et pour consacrer de nouveau les principes du droit des gens, sans lesquels tout l'édifice social en Europe restera ébranlé.
Agréez...