No 25 ter.—LE ROI LOUIS XVIII AU PRINCE DE TALLEYRAND.
Paris, ce 7 mars 1815.
Mon cousin,
J'ai reçu votre numéro 30. Je crois que la déclaration de M. de Metternich dont je serais fort peu satisfait dans toute autre circonstance, s'explique par ce que je vous mandais l'autre jour et par les pièces ci-jointes. L'instruction vous fait assez connaître mes intentions pour qu'il soit superflu d'y rien ajouter ici.
Je me proposais de revenir aujourd'hui avec vous sur la convention du 11 avril dernier. Bonaparte[130] m'en épargne la peine. Avant de recevoir cette dépêche, vous serez sans doute instruit de son audacieuse entreprise. J'ai pris sur-le-champ les mesures que j'ai jugées les plus propres à l'en faire repentir, et je compte avec confiance sur leur succès.
Ce matin, j'ai reçu les ambassadeurs, et m'adressant à tous à la fois, je les ai priés de mander à leurs cours qu'ils m'avaient vu n'étant nullement inquiet des nouvelles que j'ai reçues et bien persuadé que ceci n'altérera pas plus la tranquillité de l'Europe que celle de mon âme. Ma goutte a fait, depuis l'autre jour, des progrès sensibles en mieux. Sur quoi, je prie Dieu qu'il vous ait, mon cousin, en sa sainte et digne garde.
LOUIS.
No 26ter[131].—LE ROI LOUIS XVIII AU PRINCE DE TALLEYRAND.
Paris, ce 11 mars 1815.