»La présente déclaration insérée au protocole du congrès réuni à Vienne, dans sa séance du 13 mars 1815, sera rendue publique.

»Fait et certifié véritable par les plénipotentiaires des huit puissances signataires du traité de Paris. A Vienne le 13 mars 1815.»

(Suivent les signatures dans l'ordre alphabétique des cours)

Autriche:Le prince de METTERNICH;
le baron DE WESSENBERG.
Espagne:P. GOMEZ LABRADOR.
France: Le prince DE TALLEYRAND;
le duc DE DALBERG;
LA TOUR-DU-PIN;
le comte Alexis DE NOAILLES.
Grande-Bretagne:WELLINGTON;
CLANCARTY;
CATHCART;
STEWART.
Portugal:Le comte DE PALMELLA;
SALDANHA; LOBO.
Prusse:Le prince DE HARDENBERG;
baron DE HUMBOLDT.
Russie:Le comte DE RASOUMOWSKI;
le comte DE STACKELBERG;
le comte DE NESSELRODE.
Suède:LOWENHIELM.

No 35.—LE PRINCE DE TALLEYRAND AU ROI LOUIS XVIII.

Vienne, le 14 mars 1815.

Sire,

Le courrier que je fais partir aujourd'hui porte en Suisse à M. le comte de Talleyrand l'ordre de faire, de concert avec les ministres d'Autriche et de Russie, les démarches dont j'ai eu l'honneur d'entretenir hier Votre Majesté, pour faire éloigner Joseph Bonaparte des frontières de France. Il restera plus longtemps en route que ceux qui vont directement à Paris. Toutefois je n'ai point voulu l'expédier sans le charger d'une lettre pour Votre Majesté, quoique je n'aie rien de nouveau à lui mander, le courrier qui doit m'apporter les instructions qu'elle m'a fait l'honneur de m'annoncer par sa lettre du 3 de ce mois n'étant pas encore arrivé. J'espère que ces instructions ne seront pas, comme M. de Metternich s'en flatte, de nature à faire remettre la décision du sort de Murat à une époque éloignée. Nous ne pouvons et ne devons pas croire à une promesse de M. de Metternich à cet égard[146]. J'ai eu, aujourd'hui même, une explication assez vive avec lui sur cet objet. Mon opinion est que si l'affaire de Murat est remise, elle est perdue pour nous; et par cela l'opinion, qui est toute aujourd'hui en notre faveur, sera détruite.

Je me suis procuré, et j'enverrai à Votre Majesté dans la première lettre que j'aurai l'honneur de lui écrire, une pièce signée par les puissances qui, encore à l'époque où elle fut rédigée, se nommaient les alliés[147], et qui la mettra à même de juger dans quelle position ses ambassadeurs au congrès se sont trouvés à l'égard de ces puissances lorsqu'ils sont arrivés à Vienne et combien cette position diffère de celle où ils se trouvent aujourd'hui.