LE ROI LÉOPOLD AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Bruxelles, le 4 octobre 1831.

»Mon cher prince,

»J'avais chargé le baron de Stockmar[305] d'une lettre pour vous; comme il a été malade, il se peut bien qu'il n'ait pu encore vous la remettre.

»Nous nous trouvons ici dans l'attente du courrier de La Haye. Le temps pressant, j'ai dû faire mes arrangements militaires comme si la guerre était certaine, mais que faire? Je ne puis pas attendre le dernier moment. Poussez la conférence à quelque mesure énergique; il est évident que le roi de Hollande voudrait embrouiller les affaires pour y gagner. Cependant, il est bien désirable pour tout le monde que cette guerre ne se fasse point. Vous pouvez compter sur mes sentiments, vous les connaissez; je puis me flatter d'avoir contribué au maintien de la paix, et je ne cesserai de le faire. Mon objet a toujours été de maintenir la bonne harmonie entre la France et l'Angleterre; j'y ai réussi jusqu'à présent; soutenez-moi de votre côté. J'y trouve le véritable salut de l'Europe entière. Il faut cependant que, dans la crise actuelle, la conférence montre de l'énergie; sans cela, la confusion dans les affaires va être grande.

»Offrez mes hommages à madame de Dino; conservez-moi un peu de bienveillance, et agréez l'expression de mes sentiments distingués.

»LÉOPOLD.»

LE DUC DE DALBERG AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Paris, le 4 octobre 1831.

»Mon cher prince,