»Qu'on y pense donc à deux fois, avant de faire d'une question si oiseuse en elle-même une cause de rupture. Que cette question s'arrange au contraire; et on ne voit pas ce qui pourrait ensuite s'opposer à une union fort intime entre la France et l'Angleterre, union dont les deux États ne tarderont pas à sentir les avantages.

»M. de Talleyrand a déjà tant fait pour avancer cette œuvre! il faut espérer qu'il l'accomplira. Autrement on ne peut s'empêcher d'entrevoir de grands embarras, pour ne pas dire plus.»

LE PRINCE DE TALLEYRAND A LA PRINCESSE DE VAUDÉMONT.

«Londres, le 7 janvier 1832.

»J'ai reçu votre lettre du 5 et la lettre de M. Pasquier qui y était jointe.—La mission de M. de Maubourg, qu'on me jette à la tête ici dans toutes mes conférences me gêne beaucoup. Le refrain est: «Vous vous servez de nous, quand cela vous convient, et vous faites vos affaires à part, quand vous jugez que cela vous est utile.» La confiance ne s'établit pas comme cela. J'envoie à Paris M. Tellier expliquer ce qu'on n'a pas l'air de comprendre. J'ai tant écrit, dicté, conféré que je suis à bout de force.—Les forteresses, le principe de démolition adopté, sont une très petite affaire, si l'on veut la bien comprendre; le fait est que personne n'y met d'importance. L'amour-propre seul, et assez bêtement, est engagé. S'il n'y a pas guerre, elles tomberont, parce que personne ne les réparera; s'il y a guerre, nous les prendrons, voilà le vrai. Faites mes amitiés à celui qui vous a donné la note.»

M. BRESSON AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Berlin, le 7 janvier 1832.

»Mon prince,

»Je viens de vous expédier par Metz la dépêche télégraphique suivante:

»La Prusse n'échangera les ratifications qu'elle envoie demain à Londres, que si les autres puissances sans exception ratifient.»