RÉPONSE DU PRINCE LÉOPOLD AU PRINCE DE TALLEYRAND[258].

«Marlborough House, 27 juin 1831.

»Mon cher prince,

»Ce que j'ai dit par rapport à l'Angleterre est simplement la relation d'un fait historique passé. J'avais bien désiré dire quelque chose de plus positif sur la France; mais j'ai mis les mots que vos collègues disaient venir de vous, dans le projet de la conférence.

»Mais, sentant la nécessité de faire quelque chose de plus après mon discours, j'ai invité toute la députation à s'exprimer en mon nom, officiellement et fortement, sur une chose dans le congrès qui m'était d'une grande importance:

»Que je savais que quelques journaux signalaient le présent arrangement comme hostile à la France: que rien ne pouvait être plus faux; que des relations très intimes avec la famille régnante actuellement en France avaient existé depuis de longues années; qu'il n'y avait que peu de pays que je connaissais mieux que la France, y ayant beaucoup habité depuis ma jeunesse, et que, loin d'être hostile contre elle, je la considérais une alliée aussi importante qu'utile pour la Belgique.

»Ceci ne peut manquer d'être connu amplement quand ils seront arrivés et d'être imprimé de suite. Je pense que vous devriez communiquer ce que je viens vous dire à votre gouvernement, auquel je suis sincèrement reconnaissant pour toutes les marques de confiance et de bienveillance dont il m'a honoré.

»Je dois ajouter que les députés m'ont prié de donner quelques mots d'explication au régent, qu'il était indispensable de dire au congrès que son adoption des articles me suffirait à moi, pour l'empêcher de croire que mon acceptation véritable serait soumise à l'adoption de la Hollande.

»Agréez...

»LÉOPOLD.»