»Il reste à savoir maintenant quel effet produira sur les deux chambres du parlement l'arrangement ministériel. L'opinion la plus généralement répandue est que le cabinet ne s'est pas fortifié par l'adjonction de ceux qu'il a appelés dans son sein. Je crois cette opinion assez fondée.»

LE COMTE DE RIGNY AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Paris, le 1er juin 1834.

Mon prince,

»Pour que vous sachiez bien pourquoi nous vous envoyons copie d'une nouvelle instruction à M. Périer à Bruxelles; il faut vous dire que, sur une conversation de M. Van de Weyer avec lord Palmerston, celui-ci a écrit une lettre particulière au roi Léopold, dans laquelle il approuve le plan de désigner un successeur. Le roi Léopold a envoyé copie de cette lettre à son beau-père qui me l'a montrée hier; alors nous avons écrit à Bruxelles, nous fondant non sur ce renseignement très confidentiel, mais sur une dernière lettre de Périer qui annonçait la reprise de ce plan.

»Comme il résulte de là que lord Grey et lord Palmerston auraient parlé en sens différent, j'ai cru devoir vous donner ce renseignement: je vous prie de le considérer comme entre vous et moi seul; le roi même ignore que je vous en parle.

»Nous attendons l'arrangement ministériel à Londres avec impatience.

»Les Portugais sont d'étranges maladroits avec leurs ratifications écourtées: je crains bien que nous ne puissions passer outre.»

M. DE RAYNEVAL AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Aranjuez, le 2 juin 1834.