Mon cher duc,

»Ennemi des prédictions, je m'abstiens d'en faire sur le résultat de la journée, qui, cependant, est d'une grande importance pour les destinées politiques et financières du ministère et du pays. Je me bornerai à fixer votre attention sur le Times d'aujourd'hui. Lisez, je vous prie, le leading-article et celui du Money-market. Vous en sentirez sûrement toute la portée, et vous saurez alors où en est l'Angleterre.

»Les tories prêteront dans la séance d'aujourd'hui un appui sincère au ministère; mais si l'on n'obtenait pas que le vote de vendredi fût annulé, tout changerait rapidement de face ici, et l'on verrait bientôt, comme le disait madame de Lieven hier, avec une joie concentrée: l'Angleterre ne peser plus guère dans la balance européenne.

»Adieu, mille amitiés.»

«Londres, le 1er mai 1833.

Monsieur le duc,

»Comme j'ai eu l'honneur de vous l'annoncer hier, la séance de la Chambre des communes n'a fini qu'à quatre heures ce matin, et par un vote en faveur du ministère. C'est par une majorité de cent cinquante-quatre voix que la Chambre a décidé de revenir sur l'abolition de la taxe sur la drèche. On espère que cette circonstance qui avait d'abord causé d'assez graves inquiétudes, rendra plus facile la discussion du budget. Les fonds sont beaucoup montés aujourd'hui.»

LE DUC DE BROGLIE AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Paris, le 29 avril 1833.

Mon prince,