ÉTAT nominatif des hommes tués ou blessés le 25 octobre 1849.

DESIGNATION
des
compagnies
Grenadiers du
3e bataillon
3e du 1er
bataillon.
Grenadiers du
3e bataillon.
Idem.
Idem.
Idem.
Idem.
Idem.
1re du 3e
bataillon.
2e du 3e
bataillon
Idem.

NOMS
Nyko
Smitters,
Vigneur,
Oehme,
Martin,
Schildwaeser,
Vraiden,
Selinger,
Got,
Vialet,
Pensa,

GRADES
capitaine
sergeant.
caporal.
grenadier.
grenadier.
grenadier.
grenadier.
grenadier.
sergent-major.
sergent.
fusilier.

OBSERVATIONS
Blessé d'un coup de
feu et d'un coup de
pierre.
Tué d'un coup de feu
au coeur.
Blessé d'un coup de
feu.
Tué d'un coup de feu
à la tête.
Blessé d'un coup de
feu.
Idem.
Idem.
Idem.
Idem.
Idem.
Idem.

Au bivouac sous Zaatcha, le 25 octobre 1849.
Le chef de bataillon hors cadre, commandant temporaire
du 5e bataillon, P.-N. BONAPARTE.

N° 4.—Rapport du commandant Bonaparte.

Au camp devant Zaatcha, 25 octobre 1849.

Deuxième régiment de la Légion étrangère.

Mon colonel,

Chargé du commandement de deux cents hommes de la Légion, et de deux cents du 5e d'infanterie légère d'Afrique, désignés pour abattre des palmiers et protéger ce travail, je me suis porté ce matin, à huit heures, vers la position qui m'avait été indiquée par M. le général Herbillon, commandant en chef. Nous avons, en arrivant, occupé un mur faiblement crénelé par les Arabes, et de là nous les avons tenus en respect, tandis que nos travailleurs abattaient avec une grande activité bon nombre de palmiers que j'évalue, au moins, à deux cent cinquante.

Les Arabes finirent cependant par se concentrer au saillant formé par le mur avec le reste de notre ligne qui s'étendait jusqu'à la plaine. J'avais, à plusieurs reprises, chargé le capitaine Butet, du 3e d'infanterie légère d'Afrique, de l'observation de ce point important, et il m'en avait répondu, lorsque ce brave et intelligent officier fut atteint d'un coup de feu. Un chasseur de son corps fut tué au même instant. Les Arabes se jetèrent sur le mur, limite de notre ligne, qu'ils n'ont point franchie, malgré les diverses phases du combat. Ils étaient en grand nombre. Ils nous assaillirent avec une grêle de pierres qu'ils lançaient pardessus le mur, et ils finirent par se montrer audacieusement à la crête, d'où ils firent feu de leurs fusils et de leurs pistolets. Nous les reçûmes à coups de fusil. Une réserve de vingt grenadiers de la Légion, sous la conduite du capitaine Nyko, vint, à ma voix, soutenir l'infanterie légère, et assurer la position meilleure, que nous occupâmes immédiatement dans un jardin encaissé, à environ 20 mètres du mur occupé d'abord, position d'où nous n'avons cessé de tenir l'ennemi à distance.

Le point d'appui de la droite de notre nouvelle ligne était, comme vous l'avez pu voir, mon colonel, un petit mamelon où huit à dix grenadiers de votre régiment, électrisés par votre voix et l'exemple du brave sergent Smitters, héroïquement tué dans cette affaire, ont si vaillamment combattu.