Votre MARIE.

Aveny, Novembre 1854.

Nous ne possédons que ces fragments,—nous n'osons dire d'un roman ou d'un livre,—car l'auteur ne songeait probablement guère, en écrivant ces pages, à faire un livre ou un roman. Nous y verrions plus volontiers une sorte d'autobiographie transposée, un cadre dans lequel il aurait groupé ses propres impressions, fait raconter ses tristesses, ses déceptions ou ses rêves par des personnages de fantaisie.

Nulle part nous ne reconnaissons, nous ne retrouvons cet aimable et cher enfant, ce doux et bien-aimé poëte, aussi complètement que nous le retrouvons dans cette dernière ébauche. Il y a bien tracé la profonde mélancolie, les lassitudes, le besoin d'oublier, qui remplissaient son âme.

Que les amis auxquels nous offrons ce volume nous pardonnent de n'en avoir pas éloigné des pages qui leur paraîtront peut-être peu dignes du talent de Prosper. Nous avons tenu à conserver tout ce qui pouvait caractériser cette nature si fine et si délicate.

En présence de la tombe qui a englouti tant de jeunesse et tant d'espérances, il n'y a plus de place pour l'orgueil paternel.

L.J.

TABLE

A Prosper Jourdan

CONTES ET POÉSIES