Mon cher Panizzi,

On croit que les actions de notre ami Fould sont en hausse. Des gens qui lui étaient très hostiles lui font la cour maintenant. Joignez à ce symptôme que madame *** paraît être fort en baisse. Il est certain que par un temps aussi chaud, il faudrait avoir le diable au corps pour en vouloir, sans parler des quarante et quelques printemps.

Adieu, mon cher Panizzi. Si vous vouliez faire une pointe à Madrid, on y va maintenant en vingt-huit heures de Bayonne. Mais il n'y a plus personne: 30 degrés Réaumur; pas de taureaux ni de bibliothèque.

CV

Paris, 31 juillet 1862.

Mon cher Panizzi,

J'ai dîné hier à Saint-Cloud. La maîtresse de la maison m'a dit qu'elle désirait beaucoup vous voir et que je devais vous amener dîner chez elle, à moins que cela ne vous plût pas, et qu'elle serait bien aise de vous remercier encore une fois de toutes les attentions que vous avez eues pour elle au British Museum. On dîne à sept heures, en cravate noire. Il n'y a personne que sa mère et les gens de la maison. C'est à vous de voir si vous voulez y aller mercredi. Nous partirions le jeudi suivant. Je vous conte la chose telle quelle, sans chercher le moins du monde à vous influencer. Il se pourrait que vous eussiez quelque chose de bon à lui dire. D'un autre côté, je ne comprends pas plus aujourd'hui que hier votre grande presse de vous voir en rase campagne. L'heure de voiture entre Paris et Saint-Cloud est favorable à la digestion. Si vous me répondez oui avant dimanche, c'est-à-dire si vous m'écrivez demain en recevant ma lettre, ou même si vous m'écrivez samedi, je redîne dimanche, et je lui rendrai votre réponse.

Je ne crois pas un mot de toutes les histoires de brigands et de débarquements faits sous les yeux de la Valette. Il n'est pas homme à laisser faire sans rien dire.

Adieu, mon cher ami; portez-vous bien et venez nous voir le plus tôt que vous pourrez.