De l'ordre, au nom de Dieu, de l'ordre, ou tout est perdu!

Adieu, mon cher Panizzi; mille amitiés et compliments.

XXIII

Paris, 25 juillet 1859

Mon cher Panizzi,

Notre saint-père devient coulant, à ce qu'on assure, mais je n'en crois rien. Jamais on n'a le dernier avec un prêtre, on n'en vient à bout que par le silence et la famine. Cela me fait bien regretter le succès de la Saint-Barthélemy et l'abjuration de Henri IV. La machine est bien vieille mais toujours puissante, et l'incrédulité même de ce temps-ci lui assure une grande durée, car que mettre à la place?

Je pourrais vous accabler sous le poids de centaines d'anecdotes sur le peu de sympathie que nous avons trouvé en Italie parmi le peuple. Je vous en fais grâce. Comment en serait-il autrement dans un pays gouverné comme il l'a été? Je me rappelle encore mon étonnement, la première fois que je suis allé en Espagne, de voir comment le gouvernement de ce grand prince Ferdinand VII traitait les paysans et les grands seigneurs. Les paysans l'adoraient et les autres le détestaient. Chacun avait raison. La canaille était ménagée et encouragée dans ses mauvais instincts, tandis que tout homme ayant un habit noir était suspect et embêté de toutes les manières.

Adieu, mon cher Panizzi. Il n'y a plus un chat à Paris. On y brûlait hier. Aujourd'hui, un grand orage nous a un peu rafraîchis.