Tenez pour très certaines les dispositions papistes et légitimistes de tous les gens de frac, comme on dit en espagnol. Quant aux masses, je crois qu'elles ont les sentiments absolument contraires; mais elles ne parlent guère, tandis que les salons parlent beaucoup. En résumé, la question me semble celle-ci: qui l'emportera, ou la crainte de nous compromettre de nouveau dans une affaire qui ne nous intéresse pas nationalement, ou le sentiment pieux et anti-révolutionnaire?

Si l'empereur était bien secondé, je ne douterais pas de la réponse des Chambres; mais parmi les ministres avec ou sans portefeuille, je ne vois guère de gens ayant ce qu'il faut pour diriger une assemblée délibérante, et, à moins que le maître ne se charge lui-même de chambrer les députés, ils se trouveront dans une incertitude complète et ne sauront que dire, ni comment voter.

Adieu, mon cher Panizzi. Mille amitiés.

LVI

Cannes, 11 décembre 1860.

Mon cher Panizzi,

J'ai reçu vos deux lettres du 7 et du 8, dont je vous remercie. Je me réjouis de savoir que vous êtes aussi bien avec Madame [11] qu'avec Monsieur. Croyez que Monsieur lui avait parlé de vous, outre ce que je lui avais dit de votre établissement, et qu'elle n'a pas été fâchée de vous voir, malgré la médiocrité de votre catholicisme.

[Note 11: ][ (retour) ] L'impératrice, qui venait de voir M. Panizzi à Londres.

Vous me paraissez, le savant commentateur d'Homère et vous, chercher midi à quatorze heures. Vous ne vous représentez nullement l'opinion de ce pays-ci. Elle est absolument contraire à celle de l'ami du docteur C. sur les affaires italiennes.