Comment s'annoncent les élections en Angleterre? On nous dit une foule de choses contradictoires à ce sujet. La seule chose qui me paraisse bien établie, c'est que personne n'a des données positives sur ce qu'il faut attendre des nouveaux électeurs. Les probabilités sont pour M. Gladstone ; mais, si la résistance est vive, je crains qu'il ne soit emporté bien loin du côté des radicaux, c'est-à-dire à tous les diables, où, d'ailleurs, toute l'Europe est en train de s'acheminer.
Adieu, mon cher Panizzi ; prévenez-moi à l'avance de votre départ, pour que je prenne les mesures nécessaires, et peut-être que je vous donne une commission.
CLI
Cannes, 22 janvier 1869.
Mon cher Panizzi,
Je ne vous ai pas répondu l'autre jour, parce que M. Childe vous portait lui-même des nouvelles, et je me suis abstenu de compatir à vos maux, depuis qu'il m'a rapporté que vous montiez quatre-vingt-quatre marches tous les jours pour dîner chez le docteur Pantaleoni.
La convalescence de miss Lagden continue sans accident. Elle a mangé un œuf aujourd'hui à déjeuner et un peu de poulet à dîner. Il n'y a plus de fièvre et son état général est très satisfaisant. Quant à moi, j'ai attrapé un gros rhume qui m'a fait perdre probablement le bénéfice de tout le traitement antérieur. J'ai une toux qui me fatigue excessivement, surtout la nuit ; mais je la préfère à l'inquiétude que j'avais ces jours passés.
M. Barthélemy-Saint-Hilaire est revenu. Édouard Fould est à Marseille, mais revient demain. Mistress Ewer n'est pas morte de fatigue et me charge ainsi que miss Lagden de tous ses compliments pour vous.
CLII
Cannes, 15 mars 1869.