Je pense que vous pourrez facilement vous procurer le dernier rapport de M. Fiorelli sur les fouilles de Pompéi. Ce serait œuvre méritoire à vous de me le rapporter, lorsque vous regagnerez Bloomsbury square.
Nigra vient de publier un bouquin en latin, très savant, sur la vieille langue irlandaise.
Adieu, mon cher Panizzi ; soignez vos entrailles, ne prenez pas trop de glaces, et vivez en sage.
CLIX
Paris, 29 juin 1869.
Mon cher Panizzi,
Je vais après-demain à Saint-Cloud au lieu de Fontainebleau. Après les tentatives d'émeute, il est prudent de ne pas trop s'éloigner de Paris. J'en suis pour ma part très content, parce qu'en cas où je serais malade, je puis en une heure rentrer chez moi. On me dit qu'il n'y a pas d'autre invité que moi et la duchesse de Malakof.
S'il n'y a pas d'émeute dans la rue, il y aura certainement du tapage à la Chambre ; car les « irréconciliables » veulent accomplir leurs promesses à leurs électeurs. Puis, comme il y a plusieurs doubles élections, il est probable que les rouges opteront pour la province, afin de ramener à Paris l'excitation, les réunions électorales, les discours, etc. Tout cela promet un été passablement agité. Quant à une guerre, il en est moins question que jamais. Où faut-il aller pour être tranquille? Si on me demandait cela, je serais bien embarrassé pour répondre. Peut-être en Égypte, bien qu'on ait voulu faire sauter le pacha.
Le duc de Montpensier se barbouille horriblement dans l'opinion publique. Il veut être roi per fas et nefas, et il ne serait pas impossible qu'il le fût pour quelques mois, s'il donne assez d'argent pour cela. Mais en a-t-il et en donnera-t-il?
Madame de Montijo, qui s'informe toujours de votre santé, est à la campagne et fait jouer la comédie, comme si de rien n'était. Elle a de jolies femmes pour actrices et par conséquent beaucoup de visiteurs. On croit ici que la reine Isabelle vient d'abdiquer en faveur du prince des Asturies. Cela produira un certain effet à Madrid, si la chose est vraie.